1. A LA UNE

Conseil d’Administration du CDE :
élection des président et vice-président du Conseil


Le Conseil d’Administration du CDE s’est réuni à Bruxelles les vendredi 6 et samedi 7 août 2010, en présence de délégués de la Commission européenne, du Secrétariat du Groupe des Etats ACP, de la Banque européenne d’investissement et du Conseil des Ministres de l’Union européenne.

Monsieur Ibrahim Iddi Ango (à droite sur la photo), Président de la Chambre de commerce, d’agriculture, d’industrie et d’artisanat du Niger (CCAIAN), Président de la Chambre de Commerce Régionale de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (CCR UEMOA) et Vice-Président de la Fédération des Chambres de Commerce de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a été élu Président du Conseil d’Administration du CDE, fonction qu’il assurait à titre intérimaire depuis 2009. Monsieur Giovannangelo Montecchi Palazzi (à gauche sur la photo), Vice-Président d’Assafrica & Mediterraneo-Confindustria (Italie), a été élu Vice-Président du Conseil d’Administration du CDE.

Monsieur Jean-Marie Delchambre, Directeur a.i. du CDE depuis le 1er mars 2010, a eu l’occasion de faire un rapport sur la période intérimaire. Tous les dossiers ont pu être abordés par le Conseil d’Administration. Il y a lieu de noter que le budget 2011, le rapport d’activités 2009 et les comptes 2009 ont été approuvés à leur niveau.

Cette réunion du Conseil d’Administration a également permis de préparer le transfert de responsabilité du directeur a.i à la nouvelle direction du CDE qui avait été invitée à assister à ce Conseil (voir article ci-dessous).

La nouvelle direction du CDE

Entourant Dr Jeetun, Directrice adjointe, M. Romagne, Directeur du CDE (à gauche),
et M. Delchambre, Directeur a.i. du 1er mars à fin août 2010 (à droite)


Monsieur Jean-Erick Romagne, Directeur du CDE en fonction le 6 septembre 2010.
De nationalité française, M. Romagne est détenteur de plusieurs diplômes, dont deux de troisième cycle : celui de l’Institut technique de Banque (Paris) et de l’Institut de Gestion des Industries Agro-alimentaires - IGIA (Paris).

Monsieur Romagne a notamment travaillé pendant 10 ans dans le secteur bancaire où il était chargé des entreprises, 13 années dans celui du conseil en gestion des opérations internationales, puis dans le secteur privé en Afrique en qualité de directeur financier (2001), de consultant (2003) et de directeur (2004) d’une société qui organise la chaîne d’approvisionnement pour des entreprises au Nigeria.

M. Romagne était depuis janvier 2008 Directeur du Secrétariat technique conjoint qui gère le Programme opérationnel de coopération transfrontalière Amazonie financé par le Fonds de développement régional (FEDER) de la Commission européenne.

Dr Jyoti Jeetun, Directrice adjointe du CDE en fonction le 1er septembre 2010. De nationalité mauricienne, Dr Jeetun détient plusieurs diplômes, notamment un MBA et un doctorat (Strategy and Accounting) de la Warwick Business School (Université de Warwick, Royaume Uni).

Madame Jeetun a occupé de hautes fonctions dans les services investissements de grandes banques internationales, à Londres et à Maurice

En 2001, elle a participé à la création et est devenue présidente d’une nouvelle banque coopérative à Maurice. Parallèlement, elle a dirigé pendant onze ans le Sugar Investment Trust Group (Maurice), un fonds d’investissement et outil de démocratisation économique, qu’elle a établi en 1994. En 2006, Mme Jeetun repart à Londres à la Barclays Capital puis devient en 2008 Vice-Présidente de la Bank of America-Merrill Lynch. Madame Jeetun a aussi une riche carrière en tant que présidente et membre des conseils d’administration de nombreuses sociétés.

2. FOCUS

Conférence-débat « Organisations intermédiaires ACP-UE :
partenaires pour le développement de l’entreprise »

Plus de 250 personnes, représentant des organisations de 51 pays, ont participé
à la conférence CDE/Pro€Invest au Palais d’Egmont à Bruxelles


Partenariat consacre son dossier à un événement exceptionnel organisé au Palais d’Egmont, à Bruxelles les 12 et 13 juillet 2010, par le CDE et le Programme Pro€Invest : la conférence-débat « Organisations intermédiaires ACP-UE : partenaires pour le développement de l’entreprise ».

L’objectif principal de cet événement était de favoriser des partenariats opérationnels entre les organisations intermédiaires (chambres de commerce, fédérations d’employeurs, organisations sectorielles, etc) des pays ACP et des membres du réseau institutionnel européen du CDE, en vue de développer des projets d’appui au secteur privé qui seront mis en œuvre dans les pays ACP.  

Plus de 250 personnes, représentant des organisations de 51 pays, ont participé à cette conférence qui était articulée d’une part autour de trois débats/panels sur le renforcement des capacités des Organisations Intermédiaires ACP et d’autre part autour de 626 demandes de rendez-vous individuels (sessions «one to one»).  

Cette conférence était organisée dans le cadre de la Présidence belge de l’Union européenne avec le soutien de la Commission européenne, du Secrétariat du Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et de la Coopération belge au Développement – DGD, Service Public Fédéral Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au Développement. 

Ses résultats seront connus dans quelques mois, lorsque les organisations présentes pourront nous confirmer la création de nouveaux partenariats. Mais voici déjà quelques interviews de participants qui ont répondu à chaud à nos questions, pendant la conférence même. 

D’autres documents de cette conférence sont également accessibles sur Internet :

- Le programme définitif de la conférence
- Le rapport de la conférence

- Les transparents de la plupart des présentations (voir programme)
- Et une galerie de photos 

Voir aussi le site de Pro€Invest : www.proinvest-eu.org


Pour plus d’informations sur cette conférence :
Maria Campo maria.campo@cde.int 
Yves Dricot
yves.dricot@cde.int

Les Bureaux régionaux du CDE
se trouvent au cœur de sa stratégie de décentralisation

De gauche à droite : Jean-Marie Delchambre (Directeur a.i. du CDE), Jean-Claude Kablan (BTI de Côte d’Ivoire), Mohamed Dorval Doumbouya (Fédération des Organisations Patronales d`Afrique de l`Ouest), Jean Gaston Baganzicaha (Chef du Bureau régional d’Afrique de l’Ouest), Elie Yebouet (Présidence de la République de Côte d’Ivoire), Vaflahi Meite (Chef du département des opérations du CDE), Sid Boubekeur (Chef du Bureau régional d’Afrique Australe), Farai Majuru (Chef du Bureau régional d’Afrique de l’Est), Marie-Louise Norton Murray (Chef a.i. du Bureau régional des Caraïbes)


« La nouvelle stratégie de décentralisation du CDE passe nécessairement par l’extension de notre présence régionale », affirme Vaflahi Meite, Chef du département des opérations au siège du CDE à Bruxelles. « Nous avons appliqué ce principe en 2002 avec l’ouverture d’un bureau au Caraïbes (Saint-Domingue, République Dominicaine), qui a bientôt été suivi par l’ouverture d’un bureau en Afrique Australe (Gaborone, Botswana) à Dakar (Sénégal) pour l’Afrique de l’Ouest et en 2005 à Nairobi (Kenya) pour l’Afrique de l’Est et l’Océan indien. Nous travaillons actuellement à l’ouverture d’un bureau en Afrique centrale », poursuit M. Meite.
 

« Une partie fondamentale de cette stratégie et du mandat des Bureaux régionaux est d’identifier les intermédiaires locaux pertinents qui pourraient devenir nos partenaires », indique le Chef du département des opérations du CDE. « Ces partenaires peuvent varier d’un pays ou d’une région à l’autre. Mais il est absolument nécessaire d’établir des partenariats pour être efficaces sur le terrain. Nous pouvons ainsi être capables d’identifier la demande d’une expertise et, à travers le réseau du CDE et un système de gestion des connaissances à Bruxelles, nous pouvons fournir les experts appropriés ». 

Jean-Marie Delchambre, Directeur a.i. du CDE, affirme de son côté : « La collaboration avec les organisations intermédiaires est l’une des priorités de la nouvelle stratégie de décentralisation du CDE ». Il l’a réaffirmé au cours de la conférence du CDE en ces termes : « Le CDE ne peut pas travailler directement avec toutes les entreprises des pays ACP. Il peut le faire par l’intermédiaire des Chambres de Commerce, des associations sectorielles, etc. Dans le futur, précise M. Delchambre, nous allons collaborer plus étroitement avec les intermédiaires qui seront les mieux positionnés pour parler avec les entrepreneurs ». 

Afrique Australe 

M. Sid Boubekeur, Chef du Bureau régional du CDE pour l’Afrique Australe, indique que chaque Bureau régional exerce son activité dans un contexte économique spécifique. « L’Afrique Australe comprend des pays qui se caractérisent par leur dynamisme économique et leur stabilité politique », affirme M. Boubekeur. « Le Botswana, par exemple, est en train de diversifier son économie en réduisant sa dépendance de l’industrie du diamant pour développer les secteurs à valeur ajoutée comme le tourisme, l’agriculture, les TIC et les services financiers. Le Botswana dispose d’un environnement financier stable et sûr et attire de ce fait de nombreuses banques internationales. » 

« Au Botswana et au Malawi, nous avons lancé des programmes de développement du secteur privé. Des programmes similaires seront mis en place en 2011 au Mozambique, en Namibie et en Zambie », indique M. Boubekeur. Il précise : « Notre stratégie est de se concentrer sur des programmes sectoriels plutôt que de soutenir des entreprises individuelles. L’impact de cette stratégie se vérifie sur une durée de trois à cinq ans. Nous avons la possibilité de mobiliser des soutiens additionnels du Fonds Européen de Développement (FED). Nous travaillons actuellement sur un programme d’amélioration de l’efficacité énergétique des PME dans sept pays de la région. Nous travaillons également dans l’amélioration de la compétitivité de l’industrie agro-alimentaire, particulièrement dans les filières fruits, légumes, poisson et laiterie ». 

Afrique de l’Est 

Le Bureau régional pour l’Afrique de l’Est a une perspective un peu différente, explique son Chef, Farai Majuru : « Notre territoire couvre 14 pays d’Afrique de l’Est et de l’Océan indien, tous à des stades de développement très différents. Notre stratégie générale est de développer une assistance groupée avec le soutien d’organisations intermédiaires qui connaissent parfaitement leurs membres et qui peuvent les inciter à travailler en grappes ». 

« Nous travaillons avec les organisations intermédiaires sur le renforcement des capacités. Ceci implique des programmes de formation spécifiques et d’autres mesures qui permettent à ces organisations de développer leurs propres capacités d’assister les entreprises directement. Pour résumer, nous essayons de mettre en place une structure de soutien durable. Nous pouvons fournir les compétences requises et disposons au CDE de l’appui du système de gestion des connaissances », affirme M. Majuru. 

Région Caraïbes 

Le Bureau Régional des Caraïbes, dont Marie-Louise Norton Murray est Chef a.i., couvre un territoire comprenant des Etats insulaires dont la taille, la population le niveau économique sont différents et au premier rang desquels on trouve la République Dominicaine et les Bahamas et un certain nombre d’autres pays comme le Surinam, le Guyana et Belize. 

« Heureusement, leurs besoins sont très similaires ; ce qui nous permet d’adopter une approche groupée au niveau régional. Ainsi, nous sommes engagés dans de nombreux projets ou mini-programmes qui s’adressent à des besoins spécifiques des pays de la région. Pour économiser les ressources à notre disposition, nous cherchons à établir des partenariats avec des intermédiaires qui peuvent assumer la responsabilité des projets. Nous travaillons également de manière très étroite avec d’autres agences de développement pour assurer une meilleure coordination », affirme Mme Norton Murray. « Les secteurs clés de développement régional sont le tourisme, l’agriculture (cacao, fruits et légumes) et l’agro-industrie où la sécurité alimentaire et le marketing sont l’enjeu. Le secteur des services est également essentiel et les PME sont présentes dans les secteurs de l’énergie (pétrole et gaz), le transport maritime, la navigation de plaisance et, plus récemment, l’industrie de l’informatique », précise Mme Norton Murray. 

Afrique de l’Ouest 

Le Bureau régional du CDE pour l’Afrique de l’Ouest a commencé ses activités en 2005 à Dakar (Sénégal). Son responsable, Jean Gaston Baganzicaha, affirme : « Nous constatons une grande diversité entre les seize pays que nous couvrons. Ainsi, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Nigeria et le Sénégal, entre autres, se caractérisent par une économie dynamique. D’autres pays ont un degré moindre de développement. D’autres encore émergent tout juste d’une situation de guerre et d’instabilité. Cela nécessite de s’assurer la présence de bons correspondants sur le terrain pour connaître précisément les besoins locaux ». 

« Le réseau du CDE en Afrique de l’Ouest comprend une dizaine de Bureaux Techniques d’Intervention (BTI), qui sont chargés d’identifier et de préparer des projets de soutien aux entreprises, de contribuer à la mise en œuvre des projets et d’effectuer toute action requise par le siège du CDE à Bruxelles », indique M. Baganzicaha. « De nombreuses PME ont des besoins communs qui nous permettent de les regrouper autour d’un projet. Nous avons réuni, par exemple, cinq pays autour d’un projet pour soutenir des PME ayant des problèmes de gestion énergétique. Notre but est d’améliorer leur système de production afin de réduire leur dépense énergétique ». 

Les Bureaux régionaux du CDE ont également pour rôle d’être l’interface entre les PME et le système financier. Pour ce faire, le CDE s’est rapproché de l’organisation belge BIO pour fournir des soutiens conjoints à des projets d’entreprise, dans un projet intitulé Athena. « Le projet Athena permet à BIO de fournir le financement à ses propres conditions et au CDE de fournir le soutien technique et la formation » explique M. Baganzicaha. Dans le cadre de ce projet, nous avons formé nos représentants et agents dans la région à évaluer les risques et à connaître tous les points des dossiers. Nous en avons déjà évalué un certain nombre qui seront soumis au comité d’évaluation conjoint BIO-CDE ».


Contact : Vaflahi Meite vaflahi.meite@cde.int

Le programme de soutien Innovative Business Models
sera mis en œuvre par le CDE

Jesper Pedersen

Jesper Pedersen, chef de la section économie –développement du secteur privé et assistance en matière commerciale, opérations centralisées, Afrique, Caraïbes, Pacifique– au bureau de Coopération EuropeAid de la Commission européenne (AIDCO C4), a annoncé, au cours de la conférence du CDE, que de nouveaux programmes sont actuellement lancés, dans le cadre du Fonds européen de développement (FED), pour soutenir le commerce et le développement du secteur privé dans les pays ACP. 

Les programmes FED, a-t-il expliqué, ciblent trois niveaux :
- Macro, pour l’environnement des affaires et de l’investissement ;
- Meso, pour l’appui à des structures intermédiaires saines du secteur privé et à des associations professionnelles ;
- Micro, pour contribuer à la productivité et la compétitivité d’entreprises individuelles. 

Au niveau Macro, un nouveau fonds intitulé BizClim II deviendra opérationnel dans la deuxième moitié de 2010, avec un budget de € 10 millions étalé sur une période de 30 mois. Ce fonds fournira une assistance technique à court terme pour contribuer à la création d’un environnement incitatif pour le développement du secteur privé dans les Etats et régions ACP. La priorité essentielle de ce fonds sera de soutenir les initiatives supra-régionales. 

Dans le cadre du programme précédent, BizClim I, des avancées considérables ont été faites pour établir de bonnes relations avec les partenaires clés ; faisant la preuve de l’efficacité de certaines approches en matière de coopération et de fourniture d’assistance.  

BizClim II poursuit cette action et met l’accent sur la coopération avec les organisations régionales et les partenariats UE-Afrique. Il continuera à être impliqué dans l’organisation de forums d’affaires UE-ACP en termes de logistique, de préparation de réunions et de rédaction de documents. 

Au niveau Meso, une nouvelle initiative est en cours de lancement en coopération avec le CDE : le programme IBM-Innovative Business Models. Cette initiative a pour but d’encourager les acteurs présents dans les structures intermédiaires du secteur privé et les associations professionnelles. Ce programme est engagé dans le soutien d’un certain nombre de projets pilotes « IBM » mis en place par des organisations intermédiaires et d’ONG. L’organisation concernée est dans ce cas responsable du développement du projet. 

Le programme sera mis en œuvre par l’intermédiaire du CDE en raison de sa présence centrale en Europe et à l’échelle des régions ACP, ainsi que de son mandat institutionnel. Il doit commencer à la fin de 2010 et s’étendre sur quatre ans. 

« Notre objectif est de ne pas être trop restrictif sur le type de projet sélectionné », affirme Jesper Pedersen. « Nous sommes ouverts aux bonnes idées et aux modèles qui peuvent être reproduits dans toutes les régions ACP. Notre approche répondra à la demande et chaque idée prometteuse sera étudiée ». 

Pour mettre en œuvre le mécanisme IBM, il est prévu de recruter à plein temps un spécialiste. « Il est important d’identifier clairement une personne qui pourra gérer et promouvoir ce mécanisme. C’est ainsi que le programme pourra se réaliser pleinement », affirme Jesper Pedersen.

La conclusion des accords APE à la croisée des chemins

Peter Thompson

Depuis 2002, les négociations sont en cours entre 76 pays ACP et l’Union européenne pour introduire un nouveau cadre de coopération intitulé « Accords de Partenariat économique (APE) ». Les APE sont destinés à remplacer la partie périmée des accords de Cotonou consacrée au commerce, qui ont été conclus en 2000. Les APE devraient permettre des accords économiques mieux adaptés et orientés vers le développement. 

En 2007, des progrès ont été accomplis dans la conclusion d’un accord global avec CARIFORUM, l’ensemble économique des pays Caraïbes. En Afrique, des accords provisoires, concernant principalement le commerce des marchandises, ont été conclus. Toutefois, aucun ensemble économique africain n’a signé un accord de partenariat complet. Les nombreuses questions qui ont été soulevées pourraient compromettre les accords conclus. 

Dans son allocution à la conférence du CDE sur les organisations intermédiaires, les 12 et 13 juillet à Bruxelles, Peter Thompson, directeur du développement en charge des APE à la Commission européenne, a exprimé sa déception à ce stade des négociations et a souligné qu’une date butoir a été fixée pour la conclusion des accords avec l’EAC (East African Community). Pour sa part, la SADC (Southern African Development Community) a proposé de conclure les négociations d’ici à la fin 2010. 

Des accords orientés « développement » 

Les APE ont été négociés avec six ensembles régionaux de pays ACP : les Caraïbes, l’Afrique Centrale, l’Afrique de l’Est et Australe, les Etats insulaires du Pacifique, la SADC et l’Afrique de l’Ouest. Les APE promeuvent l’intégration progressive des économies ACP dans le cadre des règles du système commercial global pour assurer leur développement durable et l’éradication de la pauvreté. 

Peter Thompson reconnaît que les négociations sont complexes avec certaines parties d’Afrique qui se trouvent à différents nivaux de développement économique et qui sont confrontées à d’autres défis. Depuis 2007, plusieurs problèmes sont apparus, dont certains avec des contentieux ; ce qui a empêché la conclusion des pourparlers. Certaines ONG ont également exercé des pressions contre la conclusion des APE, affirmant qu’elles ouvraient la voie aux multinationales pour s’emparer des marchés. Thompson rejette ces arguments et insiste pour dire que les APE ont été conçus pour promouvoir le développement des pays africains. D’importantes organisations intermédiaires présentes sur le continent le reconnaissent d’ailleurs. 

Les accords APE sont soumis à la réglementation européenne n°1528/2007, qui prévoit un accès favorable au marché de l’UE pour les exportations des pays ACP signataires. Toutefois, l’accès au marché de l’UE dépend de la signature et de la ratification de ces accords. Dans bien des cas, ceux-ci sont bloqués. 

Les pays africains et l’UE ont des divergences sur des questions qui concernent : le contenu des APE, le niveau des compensations pour pertes fiscales, l’éventail des marchandises concernées par la libéralisation, la clause de la nation la plus favorisée, la libéralisation des services, les taxes à l’export, la période de transition avant la libéralisation complète, etc. 

Peter Thompson fait remarquer que la philosophie générale de l’Union Européenne est bien orientée « développement ». Par contre, plusieurs modifications exigées par les régions africaines risquent de réduire l’effet bénéfique des accords APE en matière de développement. Vu ces longues et difficiles négociations, l’UE concentre actuellement ses efforts sur les régions les plus prometteuses comme l’EAC et la SADC. Peter Thompson a bon espoir d’une issue favorable en Afrique de l’Ouest. La conclusion d’accords avec l’EAC et la SADC pourrait ouvrir la voie à d’autres régions.

L’intégration de la République Dominicaine dans l’économie mondiale

Milagros J. Puello

L’économie de la République Dominicaine est traditionnellement basée sur l’exportation des matières premières comme le café, le rhum, le cacao, le cuir, les ananas, les bananes et le tabac. Des efforts importants sont actuellement réalisés pour développer des secteurs à haute valeur ajoutée comme les TIC et l’industrie audiovisuelle. 

La Chambre de commerce de Saint-Domingue (SDCCP), créée en 1847, contribue à l’accès des PME aux marchés internationaux. Mme Milagros J. Puello, vice-présidente de la SDCCP, a souligné, au cours de son intervention à la conférence du CDE à Bruxelles, l’importance du développement de partenariats internationaaux dans le processus d’intégration de l’industrie dominicaine dans l’économie mondiale. 

« C’est un partenariat gagnant-gagnant », affirme Mme Puello, dont la Chambre de commerce qu’elle co-dirige comprend plus d’une centaine de salariés. Celle-ci a des activités qui vont du conseil juridique à la négociation commerciale internationale ou à la fourniture de services aux entreprises ou bien encore dans la participation à des projets internationaux de renforcement des capacités des entreprises pour accroître leurs parts de marché. 

A cet égard, des accords de coopération et d’assistance ont été signés avec les chambres de commerce et organisations professionnelles de nombreux pays dans le monde. Cet échange d’informations économiques et commerciales contribue au développement des relations commerciales et à l’investissement, selon Mme Puello. La SDCCP a également été impliquée dans divers programmes soutenus par l’Union européenne en tant que partenaire et agent d’exécution. 

SDCCP est l’une des trois organisations intermédiaires des Caraïbes, avec Small Business Association of Barbados et Belize Chamber of Commerce, qui bénéficie du programme « Promoting Economic Development through European and Caribbean Partnership » destiné au renforcement de capacités. Ce programme, doté d’un budget de € 696 000, est soutenu par le Fonds européen de développement (FED) et Pro€Invest. Il est conduit par Toscana Promozione, l’agence de promotion des exportations et des investissements de la région italienne de Toscane. Il associe la Chambre de commerce de la province italienne de Lucca, en Toscane, ainsi que d’autres partenaires d’Espagne, de Grèce, de Belgique et d’Allemagne. 

Ce programme de partenariat a débuté en mai 2010 et se prolongera durant dix-huit mois. Il a pour objectif de contribuer au développement du secteur privé dans les trois pays Caraïbes concernés à travers des initiatives de renforcement de capacités des organisations intermédiaires. 

Le développement d’un réseau d’organisations intermédiaires des Caraïbes et de l’UE facilitera les actions de promotion économique et favorisera les investissements. Sont prévus : des rencontres internationales public/privé, de l’assistance technique et de la formation, des visites d’études, des organisation de rencontres d’affaires sectorielles et un travail de réseau.

Financement des PME : une initiative pionnière en Jamaïque

Harold Davis

Au cours de l’atelier consacré au marketing et au transfert de produits innovants, de nombreux intervenants ont souligné les difficultés subies par les PME dans plusieurs pays ACP pour mobiliser des financements bancaires. Harold Davis, directeur exécutif de Jamaica Business Development Corporation (JBDC) a mis en avant le succès d’un mécanisme mis en place avec le gouvernement jamaïcain pour résoudre ce problème et fournir des crédits abordables à de petites entreprises viables. 

« Le problème du financement bancaire est qu’il n’est pas conçu pour les PME », selon Harold Davis, lui-même un ancien banquier. « Les banques n’ont pas la capacité de suivi ni l’expertise spécialisée, essentielles dans la négociation dans ce secteur du marché financier ». JBDC a créé pour cela un produit financier spécifique pour les PME et a sollicité le gouvernement jamaïcain et la Development Bank of Jamaica. 

« Le gouvernement avait conscience que les PME n’étaient pas satisfaites alors qu’il existe plus de 300 000 détenteurs de compte ou d’auto-entrepreneurs en Jamaïque, ce qui représente un tiers de la population active. La Jamaïque est considérée comme l’un des six pays au monde comprenant le plus d’entrepreneurs », explique-t-il. 

« Nous avons estimé que le crédit financier destiné à ce secteur d’activité ne pourra fonctionner s’il n’est accompagné d’un appui étroitement lié à un engagement financier, d’une formation et d’une orientation adéquates. La stratégie que nous proposons consiste à associer le financement et l’accompagnement au sein d’une même institution ». 

JBDC a reçu un appui avec la constitution d’un fonds de $ 150 millions pour lancer ce programme. « Le succès a été impressionnant avec un taux d’impayés de moins de 4%, ce qui est remarquable dans le domaine du crédit financier », explique le directeur exécutif de JBDC. « La clé est de disposer d’un personnel qualifié qui peut fournir une assistance technique et une formation en amont du prêt, ainsi qu’un suivi et un soutien durant la durée du crédit ». 

Le mécanisme mis en place par JBDC fixe un plafond de $ 5 millions et un taux d’intérêt de l’ordre de 10%, le crédit commercial n’étant pas couvert par cette opération. JBDC peut également offrir un moratoire d’un an maximum sur les remboursements pour un crédit de quatre ou cinq ans. « Pour un crédit, nous recherchons des garanties de la part de l’entreprise, mais nous sommes flexibles et pouvons accepter une traite sur l’achat d’équipement et une caution de garantie personnelle », affirme M. Davis. 

Après le succès de cette première initiative, le gouvernement jamaïcain prévoit un fonds supplémentaire de $ 150 millions pour poursuivre cette opération. De nombreuses banques commerciales sont d’ailleurs intéressées actuellement par le marché du crédit aux PME. « Nous étudions avec la communauté bancaire la création d’une mutuelle de garantie qui permettra aux banques de partager le risque. Les banques doivent considérer les PME comme des clients avec un revenu potentiel. Quelques banques évoluent maintenant dans ce sens », explique Harold Davis.

Rwanda Flora : développement d’une PME horticole
à vocation économique et sociale

Béatrice Gakuba Le site de Rwanda Flora


Créée en 2004 par Béatrice Gakuba, l’entreprise horticole Rwanda Flora est aujourd’hui une affaire florissante. Elle a d’ailleurs réussi à promouvoir l’aspect social du développement en assurant à ses 200 salariés, dont 80% de femmes, un encadrement approprié pour l’éducation de leurs enfants. En 2007, l’entreprise a reçu l’appui du Programme Pro€Invest et contribue maintenant à l’essor de l’économie rwandaise.
 

Béatrice Gakuba a un parcours intéressant. Née au Rwanda, elle a vécu et étudié à Paris et à Washington. Elle a ensuite travaillé, durant une vingtaine d’années, comme expert en sécurité alimentaire dans des organisations des Nations Unies, dans différents pays. « J’ai décidé de rentrer au Rwanda parce que j’étais motivée par la lutte contre la pauvreté et par le besoin de soutenir mes compatriotes ». Elle a commencé par s’occuper de 600 fermiers à qui elle a inculqué l’esprit d’entreprise qui leur a permis de diversifier leur production horticole et leur marketing. Elle a ensuite acquis une ferme pour y développer une exploitation floricole. 

Pour développer sa nouvelle entreprise, Béatrice Gakuba a sollicité Kenya Flower Council (KFC). « KFC a été d’un grand secours et m’a apporté des informations précieuses. J’ai commandé une étude de faisabilité pour valider mon projet et j’ai alors investi dans cette affaire avec la conviction que ça sera un succès ». 

Avec l’appui de KFC, Béatrice Gakuba a pu se mettre en relation avec Pro€Invest et obtenir un financement destiné à la formation du personnel et à la diversification de l’entreprise. La première opération d’exportation de roses était destinée au marché européen par l’intermédiaire du Kenya en passant par Amsterdam. 

L’entreprise se développe également sur le marché local : vente de légumes de culture biologique, herbes, plantes d’appartement, etc. Elle vise le circuit hôtelier, la communauté d’expatriés et les classes moyenne et supérieures rwandaise. Elle développe également un service de paysagistes pour lequel un petit groupe de jeunes rwandais ont reçu une formation. Pro€Invest a apporté son soutien à la formation de 25 employés de Rwanda Flora dans les domaines de la culture biologique, du jardinage et du paysagisme. 

Rwanda Flora gère également un centre de formation qui a déjà formé 150 jeunes rwandais en culture biologique et potagère et en arrangement floral. L’entreprise a acquis le soutien d’ONG et d’organisations des Nations Unies. Elle a pour objectif d’accueillir des jeunes ruraux ayant abandonné leur cursus scolaire pour leur donner une formation dans le domaine agro-industriel et leur permettre de créer éventuellement leur entreprise.


Dossier coordonné par l'Unité de gestion des connaissances du CDE :
Jordi Tió Rotllan, responsable : jordi.tio-rotllan@cde.int
Simona Mussolino, expert : simona.mussolino@cde.int

3. SUR LE TERRAIN

Afrique australe : le CDE organise une rencontre de professionnels
pour favoriser l’investissement dans le tourisme durable

Le potentiel touristique de la zone est exceptionnel et attire de plus en plus de visiteurs


Le CDE organise, les 16 et 17 septembre à Gaborone (Botswana), une rencontre avec les professionnels du secteur du tourisme dans les pays suivants : Botswana, Malawi, Mozambique, Namibie et Zambie. Placée sous le thème « L’investissement dans le tourisme durable en Afrique australe », cette manifestation est soutenue par le Secrétariat ACP et l’Union européenne. 
 

Cette rencontre devrait favoriser les échanges entre les responsables officiels et les professionnels du secteur autour de tables rondes thématiques qui permettront de faire un état des lieux du secteur du tourisme en Afrique australe, d’analyser ses insuffisances et de proposer des perspectives. Le potentiel touristique de la zone est exceptionnel et attire de plus en plus de visiteurs. Nous présentons ci-dessous un compte-rendu sommaire des principales destinations concernées : 

Botswana : considérée comme « Le secret le mieux gardé d’Afrique », le Botswana est l’une des principales destinations touristiques de la région. Bénéficiant de paysages d’une beauté exceptionnelle et de nombreuses attractions touristiques, ce pays a une pratique affirmée dans l’éco-tourisme. Des investissements supplémentaires pourraient contribuer à faire de cette destination l’une des plus prisées d’Afrique. Le nouvel aéroport international facilitera le développement de cette destination.  

Malawi : considéré comme « Le cœur accueillant du continent », le Malawi est doté d’une faune, de parcs naturels et d’un éco-système très diversifié. C’est une destination de choix pour les touristes en quête de sites exceptionnellement préservés. Des mesures ont été prises pour développer un tourisme responsable et pour assurer un développement durable de cette destination. Des investissements supplémentaires pourront contribuer à faire du Malawi un pionnier dans ce domaine. 

Mozambique : considéré comme « Le pays du sourire », le Mozambique devient une destination incontournable. Pour conserver sa compétitivité, le secteur nécessite un investissement dans les infrastructures qui permettront un développement assurant solidité et stabilité.  

Namibie : pays des « Horizons infinis », la Namibie est située entre les fleuves Cunene et Orange. Elle est dotée d’une faune et d’une végétation rares, mais également d’espaces désertiques mondialement renommés, tels le Namib et le Kalahari. Des efforts ont été accomplis en matière de tourisme équitable et de préservation de l’environnement qu’il s’agit de développer de manière durable. 

Zambie : « Site des chutes Victoria », la Zambie est une destination très attractive pour les voyageurs. Outre les fascinantes chutes, d’autres merveilles de la nature sont des centres d’attractions très prisés par les touristes. Des investissements dans les infrastructures permettront de développer des opportunités dans le cadre d’une pratique touristique durable. 


Contact : Sid Boubekeur
sid.boubekeur@cde.int

Caraïbes : programme de valorisation de la filière cacao

Les fèves caribéennes sont très prisées sur le marché international du cacao


L’industrie du cacao dans les Caraïbes est caractérisée par la qualité de sa production « Fine and Flavour » sur les marchés internationaux, mais sa rentabilité est en déclin depuis plusieurs années. Le CDE a de ce fait chargé le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) de réaliser une mission d’étude dans sept pays producteurs de la région Caraïbes en collaboration avec des experts locaux dont le Cocoa Research Unit (CRU), l’un des plus importants centres de recherche au monde. Rattaché à l’University of the West Indies (UWI), il gère l’International Cocoa Gene bank (ICGT) à Trinidad.

Un diagnostic de l’industrie du cacao dans chacun des sept pays concernés ainsi que des recommandations ont été faites (avril/mai 2010) pour l’établissement par le CDE d’un programme de soutien à long terme de la filière. 

Selon ce rapport, le cacao caribéen ne souffre pas d’un manque de compétitivité sur le marché international. L’Organisation internationale du cacao (International Cocoa Organization-ICCO) reconnaît qu’au moins trois pays caribéens producteurs –Grenade­, Jamaïque, Trinidad et Tobago– ont une production « Fine and Flavour » de 100%. ICCO considère que seul 40% de la production de la République Dominicaine est « Fine and Flavour », mais ce pays est par ailleurs le plus gros exportateur de cacao organique alors que Bélize est reconnu pour sa production de « Cacao Maya » organique. 

Selon le diagnostic établi par les experts mandatés par le CDE, les faiblesses de l’industrie du cacao caribéen, qui menacent la survie de la filière sont dues principalement à des facteurs internes : baisse de la productivité et du rendement. Ils ont pour origine : l’ancienneté du parc cacaoyer, le manque de formation aux bonnes pratiques agricoles et aux techniques de gestion du rendement, la difficulté de se fournir en équipement approprié, le vieillissement des cultivateurs, l’augmentation du coût de la main d’œuvre, etc. Les experts affirment, dans leurs conclusions, la nécessité d’une assistance technique et d’investissements supplémentaires dans la filière. 

Les experts du CIRAD ont également rencontré les acheteurs, les négociants, les courtiers et les transformateurs de cacao en Europe, qui ont unanimement confirmé leur grand intérêt pour les fèves caribéennes pour la production d’un chocolat de première qualité en particulier les variétés « Trinitario » et « Criollo ». 

Les recommandations pour un programme triennal ont été élaborées sur la base de cinq composantes :

- amélioration de la productivité et de la qualité du cacao caribéen pour asseoir sa notoriété sur le marché du « Fine and Flavour »,
- contrôle de la qualité et de la sécurité sanitaire pour satisfaire aux normes des acheteurs et des consommateurs européens,
- appui aux transformateurs de cacao et aux fabricants de chocolat caribéens pour développer la production à haute valeur ajoutée destinée aux consommateurs locaux,
- amélioration de la productivité et de la qualité en Haïti,
- promotion de l’ « agritourisme » avec l’élaboration d’un programme d’activités sur la chaîne de production et de transformation dans l’objectif d’élargir la réputation du chocolat à haute valeur ajoutée des Caraïbes. 

Le CDE a l’intention d’avaliser dans les meilleurs délais le programme de soutien à long terme de l’industrie cacaoyère des Caraïbes en partenariat avec les intervenants, les experts et les structures locales opérant sur le terrain pour assurer le développement durable de la filière cacao des Caraïbes.


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